|
Dossier spécial sur le Maroc et sa communauté au Québec.
Nous avons décidé de dresser un tableau des différentes populations ethniques qui composent le paysage québécois.
Dans ce dossier spécial, nous allons aborder ici la communauté marocaine.
Parceque rien ne peut remplacer le contact visuel et humain, nous croyons sincèrement que ce mode de rencontre peut mener tout immigrant motivé à se faire connaitre dans son domaine et décrocher le fameux emploi.
Un rapide survol de l'histoire
La communauté des Marocains émigrés au Canada compte 45.000 juifs et 55.000 musulmans. Deux situations différentes, mais un même attachement au pays d'origine.
La première vague des immigrants marocains au Canada a débuté vers la fin des années quarante pour s’accentuer au milieu des années cinquante. Entre 1957 et 1967, trois mille israélites ont quitté le Maroc pour le Canada.
Le départ des colons français et la montée du panarabisme ont créé une situation d'incertitude. La guerre des Six Jours, en 1967, n'était pas à son tour pour apaiser les esprits. La province de Québec semblait à cette époque attirer particulièrement les Juifs d'Afrique du Nord, appelés aussi les Sépharades, puisque la majorité de la population y était francophone, comme eux.
À Montréal, l’arrivée des Sépharades a provoqué la naissance de vives tensions entre ces derniers et les immigrants juifs plus anciens, les Ashkénazes.
Les Ashkénazes sont imprégnés de la culture de l'Europe de l'Est et parlent le yiddish (mélange d’hébreu, d’allemand, de polonais et de russe) tandis que la culture des pays arabes qui les ont vu naitre et ses différentes langues et dialectes prédominent chez les Sépharades. Afin de préserver les particularités de leur communauté, ces derniers sont parvenus, non sans difficultés, à mettre en place leurs propres institutions. Ainsi, à Montréal, le réseau des écoles juives est l'un des plus développés d'Amérique du Nord.
Plus ouverte que la communauté ashkénaze, la communauté des Juifs marocains s'est intégrée plus facilement à la société québécoise. Possédant une solide éducation, les immigrants juifs marocains occupent des postes importants dans l'enseignement, les professions libérales ainsi que dans les milieux de la mode et du textile.
À côté de cette communauté juive marocaine, il y a la communauté des marocains musulmans qui compte, pour sa part, plus de 55.000 ressortissants. Si la première est bien structurée et solidaire, la seconde est par contre dispersée et mal organisée. Le premier immigré marocain musulman s’appelait Mohamed El Morro. Ce marin a débarqué au port de Montréal en 1886. Cependant peu de ses compatriotes ont suivi son exemple. Les flux migratoires n'ont commencé que vers 1980 et n'ont pris de l'ampleur que vers la fin des années quatre-vingt-dix. Entre 2001 et 2005, ils étaient 16.428 Marocains à avoir émigré au Canada.
La particularité de cette immigration marocaine par rapport à celle à destination des pays européens, c'est que dans la plupart des cas, celle-ci est légale. Personne ne s'aventurerait à traverser l'Océan Atlantique en patera. De plus, la politique d'immigration, adoptée par le Canada dans les années soixante, est sélective. Elle exige des profils qualifiés exerçant différents métiers : architecture, notariat, expertise comptable, médecine, ingénierie... Ces dernières années, cette liste a beaucoup rétréci.
Le Canada d'aujourd'hui a plus besoin de médecins capables de s'installer dans des provinces éloignées. Peu de Marocains acceptent cette condition. Le Québec, particulièrement Montréal, reste la province la plus privilégiée et la plus prisée.
Ce n'est pas le seul problème que rencontrent les immigrants marocains diplômés. Il y a aussi celui de l'équivalence, une procédure administrative compliquée et lente, mais surtout coûteuse. Une difficulté de taille pour un nouvel arrivant sans revenu. Les statistiques montrent que cela prend en moyenne deux ans et demi pour qu'un Maghrébin trouve son premier emploi au Québec. Le chômage touche 28% des immigrants maghrébins.
Beaucoup de Marocains pratiquent des petits métiers pour survivre. Ils ne prennent pas pour autant la décision de revenir au pays car, souvent, ils n'y ont plus de situation.
Des chiffres pour 2006
| Par pays de naissance |
| 1 |
Algérie |
10.8% |
| 2 |
France |
7.8% |
| 3 |
Maroc |
6.4% |
| 4 |
Chine |
6.3% |
| 5 |
Roumanie |
5.5% |
| Nombre d'immigrés arrivés entre 2001 et 2005 |
| Par pays de naissance |
| 1 |
Chine |
9.3% |
| 2 |
Maroc |
8.1% |
| 3 |
France |
8.0% |
| 4 |
Algérie |
7.8% |
| 5 |
Roumanie |
6.3% |
Source: Institut de la statistique du Québec.
|